1. Les Hautes Vosges

1.1. LE MILIEU

Wormsa

Wormsa

Les Vosges sont un vieux massif érodé qui a ressurgi lors de la formation des Alpes, elles ont mémorisé leur histoire à travers des paysages très contrastés d’un intérêt biologique et écologique inestimable.

Au sein de ce massif, les Hautes Vosges constituent un patrimoine fragile et précieux de la collectivité tout entière dépassant largement les frontières de notre région ainsi que les intérêts locaux.

Les Hautes Vosges correspondent aux parties sommitales, d’altitude supérieure à 800m, du centre et du sud du massif. Ces lieux historiquement non habités en permanence, sont de deux sortes: les forêts d’altitudes, les espaces ouverts et les pâturages (hautes chaumes). Les Hautes Vosges recouvrent environ 25000 hectares et touchent 65 communes des départements du Haut-Rhin, des Vosges, du Territoire de Belfort et de la Haute-Saône, elles sont un milieu très riche du point de vue écologique, économique et social. En effet elles réunissent une nature exceptionnelle (comme les derniers couples de grand Tétras des Vosges ou des tourbières d’altitude uniques en Europe), de splendides paysages sauvages et contrastés, elles offrent une aire de loisir de ressourcement à une bonne partie de l’Est de la France et des activités et des emplois (agricoles, forestiers, touristiques).

L’entité la plus remarquable en est la Grande Crête de 50 km de long sur quelques centaines de mètres de large, dépassant constamment 1100à 1200m, entre le grand Ballon et le Lac Blanc. Cette véritable muraille d’un seul tenant, est prolongée au sud par le Ballon d’Alsace, le Rossberg et le Ventron. Ce massif montagneux abrite un climat particulier. En effet, les Vosges constituent une île montagneuse isolée. Tout se passe comme si elles étaient directement exposées à l’océan. Le climat de la Grande crête est exceptionnellement rude pour cette altitude. Les courbes thermiques du Hohneck et de Reykjavik sont homologues: été froid (moyenne de juillet de 11°C contre près de 20°C sur les rives du Rhin !), pluies très abondantes (2000mm/an).

On trouve ainsi dans les Vosges, à 1300 m, un type de végétation qui dans les Alpes n’apparaît qu’à partir de 1800 m.

Ainsi vers le Lac Blanc on retrouve des paysages nordiques que l’on peut observer en Norvège, Irlande ou Ecosse; comme par exemple des landes à Ericacées : Airelles rouges, des marais, Myrtilles, Camarine mais également des paysages Alpins, dans le massif du Hohneck avec les cirques glaciaires et les landes naturelles des Hautes-Chaumes.

Quatre types de milieux, hautement originaux et de grand intérêt composent l’ensemble unique des Hautes Vosges:

1.2. LES HAUTES CHAUMES:

Chaumes au Steinberg

Chaumes au Steinberg

Les Hautes Chaumes sont landes, pelouses, pâturages, 5000 ha de prairies parsemées d’arbres rabougris, de bosquets bas. Les 35 km de ligne de crête qui lient la Tête des Faux (1220 m) au Grand Ballon (1424 m) en constituent la majeure partie. La limite naturelle de la forêt oscille entre 1250 et 1300 m.

Au-dessus commence le domaine de la chaume primaire, seuls survivent quelques arbres isolés, torturés, rabougris. La superficie des chaumes naturelles primaires n’excède pas 27 ha. Elles occupent les crêtes du Gazon du Fain, du Tanet, du Hohneck, du Kastelberg, du Rainkopf, du Rothenbachkopf, du Batteriekopf et du Grand Ballon. Les autres chaumes, secondaires, ont été créées par l’homme qui défricha la hêtraie d’altitude pour faire paître ses troupeaux. La flore est un bon indicateur, mais seule l’analyse du sol permet d’attester l’absence antérieure de la forêt. La terre acide, le manque d’azote, l’action réduite des bactéries, les conditions climatiques difficiles sélectionnent les espèces. La flore est peu variée, les paysages végétaux multiples.

En fonction de l’exposition aux vents, de la nature du sol, de l’excès ou du manque d’humidité, de la chaleur, s’installent des associations particulières.

Crêtes Vosgiennes

Crêtes Vosgiennes

Le paysage le plus typique est une lande naturelle de sous-arbrisseaux : Myrtilles, Airelle rouge, Callune, Genêt pileux, piquetée au printemps (puis en fin d’été) des corolles blanches de l’anémone pulsatile. Si la neige persiste longtemps, au nord et à l’est au-dessus des cirques glaciaires, la Myrtille commune, la Myrtille des marais au feuillage vert pâle, dominent. Dans les sites très venteux où la neige est soufflée, la Callune – improprement appelée bruyère – qui a besoin pour survivre d’une plus grande période de végétation que la Myrtille, prend le dessus. Dans les parties humides, bosselées, la distribution de la flore présente un aspect en mosaïque.(Pente des cirques glacaires)

Quelques espèces des Hautes-Chaumes: Lièvre brun, Pipits spioncelle, Traquet motteux, Cicindèle champêtre …

1.3. LES FORETS PRIMAIRES ET LES HETRAIES D’ALTITUDES:

Sous-bois

Sous-bois

Contrairement au Alpes, où les jours d’été chauds et les nuits froides permettent aux arbres de survivre jusqu’à 2300 m d’altitude la limite supérieure de la forêt vosgienne n’excède pas 1200 m à 1300 m.

Ainsi la hêtraie d’altitude est une forêt basse, ses troncs sont noueux, tordus, se nanifient : 3 à 4 m tout au plus. Comme dans les montagnes aux sommets baignés de nuages (Pyrénées, Massif Central.), les faînes ne mûrissent que lors des années exceptionnellement sèches et chaudes. La forêt se régénère mal, reste clairsemée. Deux arbres bien adaptés à ce climat, se mêlent au Hêtre sur les pentes sommitales: le Sorbier des oiseleurs et l’Erable sycomore,etc.. Pour la faune, la hêtraie d’altitude est une étape de transition entre la hêtraie-sapinière et les hautes-chaumes où beaucoup d’animaux viennent se nourrir mais ne séjournent pas.

SattelIl subsiste encore çà et là dans les Vosges, sur des pentes inaccessibles des lambeaux de forêt primaire qui ont échappé à l’exploitation forestière. Ces milieux sont devenus rarissimes en Europe et sont d’un grand intérêt biologique, esthétique et scientifique. Une forêt vierge n’est pas nécessairement un massif ancien et majestueux. Dans les Vosges, l’abandon des pâturages et leur recolonisation par la forêt permettent d’observer les différents stades de sylvigenèse naturelle, lorsque ces forêts ne sont pas exploitées. Il faudrait des centaines d’années et bien des étapes pour retrouver l’équilibre de la maturité, cet état stable où toutes les classes d’âge se côtoient, de la graine juste germée au géant mort de vieillesse.

Quelques espèces animales des forêts: Chat sauvage, Mulot à collier, Gélinotte, Bec-croisé des sapins, Salamandre tachetée, Lynx et depuis peu le Loup…

1.4. LES CIRQUES GLACIAIRES:

Ammeltahl

Cirque du Wormspel et Spitzkoepfe

Majestueux sauvages, taillés par les glaciers dans les flancs est et nord-est de la montagne vosgienne, les cirques glaciaires forment un saisissant contraste avec les douces pentes des ballons qui les dominent. Ils hébergent des communautés vivantes d’une grande diversité. L’existence de ces communautés vivantes est le fruit d’une évolution mouvementée, commencée il y a dix mille ans quand disparurent les derniers glaciers. Les pentes vertigineuses ont, jusqu’à présent, empêché que ces sites, qui représentent une part prestigieuse mais réduite de la superficie des Vosges, soient soumis aux destructions humaines. Les peuplements végétaux originaux qui les caractérisent sont parvenus jusqu’à nous quasi intacts. Le plus souvent la forêt ne réussit pas à s’installer sur les pentes des cirques. L’exposition nord et est, les périodes d’enneigement trop longues, les sols instables, la répétition des avalanches éliminent des arbres.

Ammeltahl, Spitzkoepfe, Hohneck

Ammeltahl, Spitzkoepfe, Hohneck

Sur les versants exposés au nord pierreux et imprégnés d’eau se développe la mégaphorbiaie, milieu extrêmement fragile, où tout piétinement est une catastrophe; alors que sur ceux exposés au sud ensoleillés et secs pousse la calamagrostidée, pelouse primaire qui doit son nom à une grande herbe issue de la hêtraie: la Calamagrostide. Ces milieux sont de véritables jardins botaniques naturels où depuis le printemps jusqu’en septembre, il y a toujours quelque plante qui fleurit.

Faune des cirques glaciaires: Chamois introduit ou réintroduit, Merle de roche, Accenteur alpin, Grand Corbeau, Faucon pèlerin …


1.5. TOURBIERES:

Lac du Fieschoedle

Lac du Fieschoedle

Plusieurs types de tourbières existent dans les Vosges. Un certain nombre de critères permettent de les distinguer. Parmi les plus importants, citons: leur mode d’alimentation en eau (cours d’eau, eau de pluie), la topographie de leur site d’implantation (en pente ou dans un lac), leur morphologie (bombée ou plate), leur degré d’évolution (en croissance ou colonisée par la forêt).

Dans les Vosges, elles se distinguent immédiatement et fondamentalement des milieux qui les environnent, et ce quel que soit l’étage de végétation considéré.

Très tôt cette originalité a été reconnue par les habitants du massif et de nombreux toponymes (Ried, faignes, faing et charmes) font référence à ces clairières remarquables et un peu inquiétantes qui, avant les grandes campagnes de défrichement commencées au Xe siècle, ont constitué avec les pierriers, chaumes primaires et couloirs d’avalanches les seuls milieux non forestiers du massif.

Tourbière

Tourbière

De la fin du XVIIIe à nos jours, les tourbières si sensibles aux modifications de leur hydrologie, ont été mises à mal par drainage (pour être enrésinée, pâturées ou faire passer des tracés de ski de fond), par exploitation (pour le chauffage des usines ou l’horticulture), par dépôts de remblais et d’ordures, par submersion (pour la pisciculture ou la production électrique). De nos jours quelques-unes d’entre elles parmi les plus belles sont protégées par des statuts de réserves naturelles, de réserve biologique domaniale, de réserve biologique forestière ou des acquisitions foncières par les conservatoires régionaux des sites et le département du Haut-Rhin.

1.6. L’HOMME ET LES VOSGES

Le Hohneck vu du ciel

Le Hohneck vu du ciel

Comme la plupart de nos régions, les Vosges ont connu, de façon nettement atténuée et retardée, les grands bouleversements techniques de l’agriculture survenus dans la seconde moitié de notre siècle. Même si certaines potions en matière de techniques agricoles ont soulevé des polémiques, on n’a rien connu de comparable à la conquête de la plaine par le maïs. La généralisation de la récolte précoce des fourrages par les méthodes d’ensilage, l’abandon presque total de la race bovine vosgienne jusque dans les années 80, ainsi que le recul des transformations laitières locales ont contribué à la perte de biodiversité floristique du massif et à la banalisation son agriculture.

Fermette et prairie

Fermette et prairie

Les chaumes et en particulier les chaumes primaires ont subi des dégradations très graves du fait de certaines pratiques agricoles. Attiré par ces pâturages naturels qui émergeaient de la forêt, l’homme a très tôt mené ses bêtes sur les sommets. Tant qu’il s’est agi d’activités pastorales extensives, la chaume a peu souffert. Il y a quelques années, un petit nombre d’agriculteurs « progressistes » ont entrepris d’intensifier la production des herbages. Fertilisation massive, retournement du sol et semis de mélange résistant aux conditions climatiques se sont multipliés. En conséquence, la flore originelle, tapis de plantes rares aux couleurs éclatantes, est remplacée en de nombreux endroits par une association de graminées sélectionnées, terne et pauvres en espèces mais à plus forte productivité. Cette pratique est un véritable crime écologique. Elle a fait disparaître d’un seul coup et pour des dizaine, voire des centaines d’années, la flore, la faune, et a dégradé le paysage. Ceci au nom de rendements somme toute médiocres et d’intérêts privés limités à quelques personnes, alors dans les mêmes temps les pâturages sur les pentes à moyenne altitude ou dans les vallées sont abandonnés. Beaucoup de ces espaces de moyennes altitudes ont été vendus à des citadins pour y installer des résidences secondaires, et ne sont de ce fait plus exploités et se referment aujourd’hui.

Chemin forestier

Chemin forestier

D’un autre côté, l’évolution de l’agriculture dans les Vosges a fait qu’elle repose de plus en plus sur le tourisme, qu’il fournisse la clientèle des produits ou qu’il génère des activités annexes permettant aux exploitations de survivre. Or la fréquentation touristique pose, elle aussi, des problèmes d’environnement dont les acteurs de l’agro-tourisme devront tenir compte. Cette activité socio-économique récente ne pourra se maintenir durablement que si elle respecte des objectifs de qualité du produit, de qualité de l’accueil et de préservation de l’environnement naturel. Ceci implique de prendre en compte le milieu naturel, non plus comme une contrainte, mais comme un atout à préserver. Une politique résolue de soutien de l’agrotourisme en montagne devra tenir compte du coût social et environnemental.

1.7. QUELLE SYLVICULTURE?

Sur le modelé du Ballon des Vosges, la forêt occupe très majoritairement l’espace (taux de boisement de près de 70 %, jusqu’à 90 % sur les 23 000 ha au-dessus de 900 m d’altitude). Sans l’intervention de l’homme, cette occupation y serait d’ailleurs quasi-complète si l’on excepte les sites prestigieux mais très localisés des Hautes Chaumes et pelouses climaciques, quelques lacs et tourbières, ainsi que des zones rocheuses et d’éboulis.

Brumes dans la forêt

Brumes dans la forêt

Dans les Hautes Vosges, contrairement aux évolutions en plaine d’Alsace toute proche, la forêt reconquiert d’importantes surfaces que lui avaient soustraites nos aïeux pour assurer leurs besoins vitaux puis économiques.

Le reboisement des pâturages abandonnés et des kriter (petits terrains pour des cultures de subsistance autour des villages) est une conséquence directe des évolutions que connaît notre civilisation déplacement des industries et des emplois et disparition de l’élevage traditionnel).

Aujourd’hui encore, la forêt est essentiellement gérée pour assurer la production de bois, ressource naturelle renouvelable par excellence; revenus pour le propriétaire (généralement les communes), emplois directs dans la sylviculture et les exploitations, emplois indirects dans la transformation …

Certes, mais les limites de cette approche semblent atteintes dans bien des forêts des Hautes Vosges et pas forcément pour des raisons écologiques. Les forêts des Vosges sont dans leur ensemble gérées en futaie régulière: arrivés à maturité économique, tous les arbres sont abattus, soit en une année – coupe rase – soit en une dizaine d’années – coupes progressives -, selon les essences, pour laisser la place à un nouveau peuplement. Le recours aux plantations est extrêmement fréquent, en particulier pour ce qui concerne les résineux dans les Vosges moyennes. La nouvelle mécanisation intensive des abattages par machine a encore un impacte plus préoccupant, avec des ravages profonds sur les sols de la forêt. Une autre gestion est possible. Il s’agit de la futaie irrégulière (dite jardinée dans le cas des forêts de conifères) qui a une structure qui se rapproche le plus de celle des forêts naturelles.

Elle a pour principe de laisser la forêt toujours en place en exploitant les arbres individuellement ou par bouquet. Les arbres ont des âges et diamètres différents et la diversité des essences y est beaucoup plus facilement respectée et encouragée.

Sous-bois en automne

Sous-bois en automne

Une gestion écologique ou naturaliste digne de ce nom, respecte l’ensemble des espèces d’arbres, qu’elles soient considérées comme productives ou non. La structure complexe des futaies irrégulières (forêt pluristratifiée), associée à la diversité des essences, apporte à l’ensemble de la faune des conditions d’accueil (habitat, nourriture) optimum. De plus elle a des qualités paysagères inégalées et est plus performante économiquement: les risques de chutes d’arbres au moment des tempêtes sont beaucoup plus faibles et la production de bois est généralement supérieure Jusqu’à 20 % pour les forêts de résineux) pour un coût de gestion minimisé.

La définition des stations forestières qui prend en compte le climat, la topographie, la géologie, la pédologie et les associations végétales, constitue une avancée fondamentale récente qui, espérons-le sera de plus en plus traduite sur le terrain. Gérer les forêts en respectant leur écologie est le meilleur garant de leurs performances économiques, tout en répondant au mieux aux exigences de qualité écologique et d’accueil du public. La tempête LOTHAR de 1999 ainsi que la présence de secteurs fortement impactés par le Bostrich ont favorisé l’émergence de quelques expériences de reboisements à régénération naturelle.

1.8. LE TOURISME. LES SPORTS ET LES LOISIRS

Les Vosges sont un petit massif comparé aux autres massifs français, Son altitude moyenne est faible par rapport aux Alpes qui servent souvent de modèle. En outre la pression démographique est très forte : près de 5 000 000 de personnes habitent à moins de deux heures des Hautes Vosges! Elles attirent la population du grand Est, ainsi que des touristes du Nord de l’Europe. Ce simple constat porte en lui la problématique de l’impact touristique sur un massif déjà fragile.

À partir des années 50 la pénétration du Massif Vosgien a augmenté par suite du développement de l’automobile et du réseau routier. L’évolution des disciplines sportives, associée à leur large diffusion, ainsi que le besoin d’évasion des citadins, ont favorisé ce mouvement. Les fermes auberges ont pris de l’extension. Les randonneurs y ont d’ailleurs rapidement été supplantés par les automobilistes, ce qui a donné naissance à des parkings dont l’intégration dans les sites n’est pas toujours très harmonieuse dans le paysage. Dans les trente dernières années de nombreux chemins et routes ont été goudronnés et des routes ont été créées, pour un total d’environ 80 km, s’ajoutant au réseau déjà important des routes touristiques. La pratique de différents loisirs engendre malheureusement dégradations de sites et création de plaies paysagères, comme l’installation de pylônes sur les sommets ou de saignées dans les forêts.

Exemples de pratiques sportives ayant cours communément sur le massif et leurs impacts sur le milieu naturel :

Randonneurs sur les crêtes de la réserve du Frankenthal /Miessheimle

Randonneurs sur les crêtes de la réserve du Frankenthal /Miessheimle

  • La randonnée pédestre s’appuie sur les sentiers balisés, essentiellement par le Club Vosgien. Cette activité traditionnelle et authentiquement vosgienne a dans l’ensemble un impact environnemental faible, sauf sur quelques sites surfréquentés comme le Hohneck. Cette discipline peut se révéler le moteur d’un développement touristique doux, proche de la nature et respectueux des équilibres actuels.
  • L’escalade: Quelques sites du massif sont équipés. Cet équipement étant très ponctuel, il n’a aucun impact paysager sur les sites, mais peut en avoir sur l’avifaune. Notons que si la pratique des véritables « Via Ferrata » peut s’apparenter dans certains cas à de l’escalade, cette activité envisagée au Tanet ressemblerait plus à un parcours de type « accrobranche » avec toutes les nuisances induites et préjudiciables sur la Crête des Vosges. (passerelle de 60m dans ce site remarquable!)
Ski alpin au Schnepfenried. Vue sur le secteur Kastelberg/Hohneck

Ski alpin au Schnepfenried. Vue sur le secteur Kastelberg/Hohneck

  • Le ski : le développement des équipements de ski alpin ne concernait initialement que la clientèle de proximité. Les promoteurs ont cru pouvoir transposer au Massif Vosgien ce qui se faisait dans les Alpes, en oubliant quelque peu le contexte de réchauffement climatique. Ils se sont lancés dans une campagne d’équipement : la création et le nivellement de pistes au bulldozer, leur engazonnement artificiel, l’utilisation de canons à neige, ont sérieusement dégradé les sites.
  • Le vol libre: Sans précautions, ces pratiques peuvent occasionner des dérangements de l’avifaune et des dégradations de chaumes sur les sites d’envol et les chemins d’accès.
  • Le VTT : Egalement sans précautions, la pratique de cette activité par de nombreux adhérents sur les chaumes et les sentiers entraîne une dégradation de ceux-ci, en particulier lorsqu’ils sont utilisés dans le sens de la descente arrachement du sol par freinage). La création de pistes de Pump-track en pleine nature est à proscrire.
  • Le ski de fond, de randonnée et la raquette : il faut veiller à ne pas déranger la faune fragilisée par le jeûne hivernal.
  • Les loisirs motorisés : ce ne sont pas des sports et ils n’ont rien à faire dans les milieux naturels. En tous cas, ne devraient pas être présents dans ces milieux naturels

 1.9. Le rôle du PNR (Parc Naturel des Vosges)

La création du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges (110757 ha en Alsace), aurait dû témoigner d’une volonté politique conjointe de l’état, des 3 Régions concernées et des Communes adhérentes de garantir à cet espace une qualité que les choix et méthodes antérieures d’aménagement et de gestion n’étaient pas tenus d’assurer.

Cette orientation n’est toujours pas très perceptible. Par ailleurs le label Parc Naturel Régional renforce le poids économique des activités touristiques et de loisir. C’est dans ce domaine que résident aujourd’hui les risques les plus importants de dégradation du patrimoine naturel et paysager.